Les trois piliers du diabète

Podcast Vivre le diabète | Episode 2 | Les trois piliers du diabète : comprendre et gérer sa maladie

Le podcast vivre le diabète - Episode zéro

Bienvenue sur le podcast “Vivre le diabète – à la recherche de l’équilibre”. Je suis Nathalie, diabétique de type 1 depuis février 2010. Je suis également patient expert et RU représentante des usagers. En 2012 j’ai cofondé une association régionale de patients pour les patients qui deviendra très vite l’Association Française des Diabétiques de la région Corse AFD 20. Après 10 ans de service dévoué, j’ai décidé de partir vers de nouvelles aventures. En créant ce podcast je veux continuer à accompagner les patients diabétiques et à partager mon expérience.
En outre, en utilisant mon expertise je veux t’aider à comprendre que plus tu apprends sur le diabète mieux tu arrives à le gérer efficacement et améliorer ta qualité de vie avec cette maladie chronique. Je m’adresse à toi qui vient de déclarer un diabète, à toi qui es diabétique de type 1 ou de type 2 ou toi qui es en prédiabète, mais aussi à toi qui soutient et aide que tu sois parent ou conjoint, etc. Je m’adresse également à toute personne désireuse de savoir ce qu’est le diabète vu par une patiente diabétique.

Podcast Vivre le diabète

Les trois piliers essentiels de la gestion du diabète

Après avoir compris le type de diabète qui a bouleversé ma vie, à savoir le diabète de type 1. J’ai d’abord accordé une grande attention à trois aspects essentiels de la gestion de cette maladie : le traitement, l’équilibre alimentaire et l’activité physique.
J’ai surnommé ces trois éléments les « piliers du diabète », car ils constituent une base solide sur laquelle je peux m’appuyer pour maintenir ma stabilité.

Premier pilier du diabète : les traitements

Le diabète de type 1

Commençons par examiner ce qui se cache derrière le 1er pilier : les traitements.
Le traitement du diabète de type 1 diffère de celui du diabète de type 2.
Dans mon cas, ma diabétologue m’a initialement prescrit de l’insuline (en raison de son absence dans mon organisme) que je dois m’injecter à l’aide d’un stylo.
Mais ce n’est pas tout, j’ai découvert que j’avais besoin de deux types d’insuline : une insuline rapide (à injecter immédiatement après un repas ou une collation) et une insuline à action prolongée (à injecter une fois par jour et qui dure entre 22 et 24 heures, également appelée « insuline de fond ».

Ma diabétologue m’a également appris que pour contrôler ma glycémie. Je devais effectuer des tests de glycémie réguliers en utilisant un glucomètre. (Pour faire des dextros : autosurveillance glycémique capillaire par piqûre au bout du doigt).
Ces tests devaient être réalisés à jeun et deux heures après les repas, appelé post prandiale.

J’étais déjà submergée par tout ce que je devais apprendre !

Les capteurs de glucose

Quatre ans plus tard, les capteurs de glucose ont été inventés. Qu’est-ce que c’est exactement ?
Les capteurs de glucose ont la même fonction que les tests de glycémie classiques, mais ils permettent une surveillance en continu grâce à un capteur placé sur le bras (voire sur d’autres parties du corps) , associé à un lecteur qui scanne le capteur et fournit le taux de glucose du liquide interstitiel. Contrairement aux tests de glycémie traditionnels, qui mesurent la glycémie dans le sang.
Ce dispositif remplace les tests de glycémie par glucomètre, mais pas entièrement, car il est toujours recommandé de les utiliser en cas de doute ou de défaillance du capteur.

Ces capteurs de glucose en continu ont été commercialisés à partir de 2014 et sont remboursés en France depuis le 1er juin 2017.

Dès leur remboursement par la sécurité sociale, j’ai commencé à les utiliser et ma vie de diabétique a radicalement changé. Comme cela a été le cas pour de nombreux diabétiques de type 1 et pour les diabétiques de type 2 mais sous certaines conditions.
Je n’ai plus besoin de me piquer le bout des doigts au moins six fois par jour. Grâce à ce dispositif de surveillance en continue (le FreeStyle Libre).
J’ai pu mieux contrôler ma glycémie et rester dans la plage ou cible recommandée (entre 70 et 180 mg/dL) pour obtenir une meilleure hémoglobine glyquée (HbA1c), qui reflète la glycémie moyenne (taux de sucre dans le sang) des trois derniers mois.

Je pouvais me contrôler facilement en scannant le dispositif placé sur mon bras. Ce qui était plus simple et moins douloureux.
Cela me permettait d’anticiper les épisodes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.

Bien sûr, il y avait quelques inconvénients, comme avoir un appareil sur le bras. Une sorte de pastille étrange, qui suscitait parfois des remarques amusantes du genre :

« C’est pour arrêter de fumer ? ». Je répondais : Non ! C’est mon « antivol »

Et j’expliquais ensuite en quoi consistait ce dispositif. Ce qui me donnait l’occasion de parler du diabète et d’informer les gens sur cette maladie.

Cependant, il est important de souligner que le fait de pouvoir surveiller sa glycémie en continu peut provoquer de l’anxiété et du stress. Notamment lorsque l’on voit son taux de glucose monter ou descendre. Cela dépend de chaque personne.

La pompe à insuline

Depuis janvier 2022, j’ai opté pour la seconde option de traitement, la pompe à insuline. Il m’a fallu 12 ans pour faire ce choix, mais pourquoi ?
Je ne saurais le dire avec certitude, peut-être avais-je peur d’ajouter un autre dispositif à mon corps, ou peut-être trouvais-je les stylos plus simples à utiliser ou avais-je du mal à assimiler toutes les informations nécessaires.

Ce que je savais, c’est que mes résultats n’étaient pas aussi bons que je le souhaitais, même s’ils n’étaient pas catastrophiques. Je voulais les améliorer et rester plus longtemps dans la plage recommandée (encore elle). J’ai donc demandé à ma diabétologue de passer à la pompe à insuline. Elle injecte de l’insuline en continu appelée la basale et à chaque repas ou collation on fait une injection d’insuline appelé bolus. J’ai choisi la pompe patch, celle que l’on colle sur le corps, mais il existe également d’autres modèles avec tubulures et cathéters. Chaque diabétique fait son choix en fonction de ses préférences.

Un autre choix de capteur de glucose en continu

J’ai également opté pour un nouveau capteur de glucose en continu, le Dexcom G6.
Pourquoi ce choix ? Parce que la lecture de la glycémie se fait automatiquement, sans avoir besoin de scanner le dispositif. Les résultats s’affichent directement sur mon téléphone portable, en continu. Moins de gestes à effectuer, ce qui peut sembler anodin, mais quand on connaît toutes les manipulations qu’un diabétique doit faire. Eviter certaines d’entre elles est un avantage non négligeable.

J’ai récemment appris que l’application du FreeStyle Libre 2 offrirait bientôt, cette fonctionnalité, avec une lecture en continu sur smartphone.

La boucle fermée

Aujourd’hui, en ce qui concerne les traitements pour les diabétiques de type 1, il existe un nouveau système appelé « boucle fermée ». Il est composé de 3 éléments : une pompe à insuline externe couplée à un système de mesure du glucose en continu et un algorithme. Le système de boucle fermée permet via l’algorithme de calculer en permanence la dose d’insuline adaptée que la pompe va injecter, en fonction du taux de glucose mesuré en continu par le capteur.

Le diabète de type 2

En ce qui concerne le traitement du diabète de type 2. Différentes recommandations sont faites en fonction de divers facteurs, tels que la gravité de la maladie. Tout d’abord, il est conseillé d’apporter des changements de style de vie. Notamment en adoptant une alimentation équilibrée et saine, en pratiquant régulièrement une activité physique, en perdant du poids en cas de surpoids ou d’obésité et en arrêtant de fumer.
Si nécessaire, un traitement médicamenteux peut être prescrit pour aider à contrôler la glycémie. Il existe de nombreux types d’antidiabétiques oraux disponibles. Le choix du médicament dépend des besoins individuels du patient et de la décision du médecin.

Dans certains cas où les médicaments ne parviennent pas à maintenir la glycémie sous contrôle, l’insuline peut être nécessaire. Il est également recommandé de surveiller régulièrement la glycémie. A l’aide d’un glucomètre, ou bien dans certaines conditions, d’un capteur de glucose en continu.

Ne pas craindre l’insuline

Il est important de ne pas craindre le passage à l’insuline. L’objectif principal est d’équilibrer la glycémie afin de prévenir toutes les complications que cette maladie peut engendrer.

Ce qui compte le plus, que tu sois atteint de diabète de type 1 ou de type 2. C‘est de bien connaître et de bien comprendre ton traitement. N’hésite pas à discuter de tes choix de traitement avec ton diabétologue ou ton médecin traitant. Car c’est toi qui vit au quotidien avec ce traitement.

Deuxième pilier du diabète : l’équilibre alimentaire

Le deuxième pilier essentiel dans la gestion des deux types de diabètes est l’équilibre alimentaire. L’alimentation joue un rôle crucial dans la régulation de la glycémie. Dans mon épisode 1, j’ai partagé à quel point il était difficile pour moi de trouver cet équilibre. Dans un premier temps, il est recommandé de se faire accompagner par une diététicienne ou une nutritionniste pour apprendre les différents groupes d’aliments tels que les glucides, les protéines, les lipides par exemple et bien d’autres éléments.

Je me suis donc replongée dans l’apprentissage des groupes d’aliments pour savoir ce qui serait le mieux pour moi. J’ai réappris où se trouvent les glucides (le sucre), le pourcentage dans chaque aliment et la lecture des étiquettes des produits.

Par exemple : sais-tu qu’il y a environ 50 % de glucides dans le pain ?
Ainsi, lorsque tu consommes 50 grammes de pain, tu consommes 25 grammes de glucides, ce qui équivaut à environ 5 morceaux de sucre !
Cela s’applique à tous les aliments contenant des glucides :

  • les pâtes sont à environ 25 %,
  • le riz à 30 %, la semoule à 25 %,
  • la pomme de terre à presque 17 %,
  • les lentilles à 12 %,
  • etc.

Mais j’ai également appris que ces pourcentages peuvent varier en fonction de la cuisson. Par exemple, la teneur en glucides d’une pomme de terre varie selon qu’elle soit à la vapeur, en purée ou en frites.

L’indice glycémique

Ensuite, un autre facteur entre en jeu pour pimenter les choses : l’indice glycémique (IG). Il s’agit d’un critère de classement des aliments contenant des glucides, basé sur leur impact sur la glycémie au cours des deux heures suivant leur ingestion.
En résumé, l’IG représente la vitesse à laquelle les glucides d’un aliment pénètrent dans le sang. L’indice glycémique varie de 5 à 100. Plus le chiffre est haut, plus la vitesse d’absorption de l’aliment est élevée, ce qui entraîne une augmentation rapide de la glycémie.

Il est donc recommandé de privilégier les aliments à IG bas. Les aliments riches en fibres, tels que les fruits, les légumes et les céréales complètes, sont particulièrement bénéfiques car ils sont digérés lentement, ce qui évite les pics de glycémie.

Pour équilibrer correctement mon assiette, il est conseillé d’inclure des portions de glucides, de protéines et de légumes à chaque repas.
Mais en quelle quantité ?

Voilà comment je procède : je divise mon assiette en quatre parts égales et j’y place

  • 1/4 de glucides,
  • 1/4 de protéines
  • 1/2 de légumes

Cela me permet d’avoir une assiette équilibrée.

Insulinothérapie Fonctionnelle

J’ai suivi aussi un stage d’insulinothérapie Fonctionnelle (IF) afin d’améliorer mes calculs de glucides et déterminer les doses d’insuline nécessaires au repas. Ce stage a considérablement facilité ma vie en tant que diabétique et a permis une meilleure gestion de mes repas.
L’IF est une méthode qui permet d’apprendre à calculer les doses d’insuline à s’injecter en fonction des quantités de glucides consommées lors d’un repas.

Cela aide principalement à éviter les hypoglycémies et les hyperglycémies. Pour ce faire, il est crucial de bien connaître la quantité de glucides présente dans les aliments, ce qui me pousse à peser mes aliments la plupart du temps.
L’IF est recommandée pour les personnes atteintes de diabète de type 1 et celles atteintes de diabète de type 2 nécessitant des injections multiples. Cependant, je pense que la connaissance des quantités de glucides ingérées est bénéfique pour tous les diabétiques, car elle permet d’optimiser la gestion de la glycémie.

L’IF est particulièrement essentielle pour les personnes utilisant une pompe à insuline en boucle fermée.

L’équilibre alimentaire est une composante essentielle du changement de mode de vie recommandé aux personnes diabétiques. Il ne s’agit pas d’un simple régime, mais plutôt d’une approche alimentaire qui devrait être considérée par tous (diabétiques ou non). Car elle contribue à améliorer la santé de manière globale.

Troisième pilier du diabète : l’activité physique

Le troisième pilier essentiel est l’activité physique et pour moi, c’était le plus difficile à intégrer à long terme. Je n’étais pas du tout une personne sportive et je me contentais du strict minimum. Pourtant, j’ai appris que l’activité physique était aussi importante que les deux autres piliers.

J’ai donc décidé de m’y mettre, mais seulement de temps en temps, en me joignant à d’autres diabétiques de mon association. Si je n’avais pas cette motivation externe, je ne faisais rien du tout. J’essaie de me ressaisir, car je constate que lorsque je suis physiquement active, mes niveaux de glycémie s’améliorent et restent dans la plage.

Malgré cela, je n’avais pas encore totalement saisi l’importance des bienfaits de l’activité physique.

Pour moi, ce troisième pilier a été le plus difficile à mettre en place. J’ai donc fait appel à une coach en santé qui m’a aidé lors d’ateliers motivationnels. Elle a analysé ce qui me motivait ou ne me motivait pas, les éléments qui me bloquaient, les résistances de mon cerveau et les obstacles à ma motivation.

Un jour, j’ai enfin compris. J’ai assimilé le fait que l’activité physique devait faire partie intégrante de ma routine quotidienne, tout comme me laver ou me préparer le matin. Il était important de lui accorder une place dans mon emploi du temps.

Ainsi, chaque jour, je pratique une activité physique qui peut varier. L’essentiel est que j’y prenne du plaisir, que j’en aie envie et que je m’amuse.
C’est un moment agréable que je passe seule ou avec des amies. Je pratique le plus souvent le Yoga, la marche, ou le step.

Ce qui me maintient vraiment motivé, c’est de constater que ma glycémie s’améliore considérablement.

J’ai besoin d’injecter moins d’insuline et je reste quasiment toujours dans la plage. De plus, mon taux d’hémoglobine glyquée s’améliore aussi et je me sens bien dans mon corps et dans ma tête. Je suis fière de moi, car l’activité physique a un impact positif sur tous les aspects de ma vie. Je dis toujours que c’est le secret d’une bonne gestion du diabète.

Si, comme moi, tu as éprouvé des difficultés avec l’un de ces trois piliers. Je t’encourage à m’écrire par e-mail pour partager ton expérience et si tu me donnes ton autorisation, je pourrais la raconter dans un prochain épisode.


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